Musée Rabesandratana
Profitez de votre escale à Toliara pour visiter le musée Rabesandratana, une véritable porte ouverte sur les richesses des fonds marins du Canal de Mozambique. L’endroit, aussi instructif que sympathique, invite à un voyage halieutique à travers les temps. Vous y découvrirez de nombreux espèces marines, dont des spécimens vieux de plusieurs millions d’années.
Le site du musée Rabesandratana
Le musée maritime Rabesandratana, est une collection de références et de banque de spécimens biologiques. Il porte le nom du Professeur Rabesandratana Harinaivo Dieudonné, le premier océanographe malgache qui l’a créé dans les années 1960.
Le musée est situé sur l’Avenue De France, un quartier charmant ouvrant directement sur le port. C’est un coin tranquille qui vaut le détour, du moins pour vous occuper pendant l’intervalle entre l’aéroport et votre séjour en hôtel. Une guide sympathique, très connaisseuse, vous racontera l’histoire du musée ou celle des spécimens exposés.
Le Musée Rabesandratana est ouvert au grand public du lundi au samedi, de 8 à 17h. Le visite est toutefois payante, et une partie du budget permet au site d’améliorer chaque année la conservation et le développement du musée.
Que voir au Musée Rabesandratana ?
Le musée expose une soixantaine d’espèces végétales et plus de 600 espèces animales. Il s’agit d’une riche collection du patrimoine maritime malgache, incluant des spécimens préhistoriques comme le Coelacanthe.
Une soixantaine d’espèces de flore marine
Les fonds marins autour de Madagascar abritent plus de 200 genres d’algues marines, mais c’est dans la partie sud-ouest qu’elles prolifèrent le plus. On y recense 8 genres d’algues rouges (Rhodophycées), 10 genres d’algues brunes (Phéophycées) et des algues vertes (Chlorophycées). Parmi ces genres respectifs, le musée collectionne :
- 12 espèces d’algues vertes (Chlorophycées),
- 7 espèces d’algues brunes (Phéophycées)
- 15 espèces d’algues rouges (Rhodophycées). Ce sont les algues rouges du genre Eucheuma, Gelidium et Gracilaria qui sont les ont celle qui est cultivés par les pêcheurs Vezo sur le littoral Sud-ouest.
Le musée vous donne également une opportunité de goûter à la spiruline, une microalgue constituée de cyanobactéries qui lui donne une couleur bleu-vert. Exposée et commercialisée dans le musée, la spiruline est un aliment miracle : faible en calories, un antioxydant naturel, multivitaminé et très riche en protéines. Ses matières nutritives aident à combattre la malnutrition pendant les périodes de sécheresse, un problème souvent fréquent dans l’extrême sud du pays.
538 représentants de la mégafaune marine de Madagascar
Le musée expose environ 530 spécimens soigneusement conservés, que les visiteurs peuvent toucher. La majorité de cette collection sont originaires
des côtes Sud-ouest, de Morombe à Tolagnaro.
Vous découvrirez sur les étagères ou sur les tables des spongiaires, des coraux, des mollusques comme le calmar et le rarissime Conus milneedwardsii, des arthropodes de toutes les tailles, des échinodermes.
Outre les invertébrés, le musée collectionne également de nombreuses espèces de poissons, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères. Vous serez impressionnés par le poisson hérisson plein d’épines et gonflé comme un ballon, mais l’élément le plus fascinant de la collection reste le cœlacanthe, un poisson préhistorique de 150 cm de long capturé au large d’Anakao en 1995.
Les Coelacanthes : un poisson préhistorique présent dans les eaux malgaches
Les coelacabnthes, des poissons préhistoriques pensés disparus depuis des décennies, ont réapparu dans les côtes du Sud-Ouest en 2021. Ce poisson géant de 150 à 200 cm mètres de long serait à l’origine de l’humanité.
Surnommé « dinosaure » des mers, le cœlacanthe a pourtant existé bien avant puisque sa présence sur la terre est estimée à 420 millions d’années avant notre ère. Comme les mammifères terrestres, le coelacanthe possède deux humérus et deux fémurs. Toutefois, il se différencie par un organe électro-récepteur dans le museau, une articulation au sommet du crâne et une queue à trois lobes. Ce poisson géant vit à environ 400 m de profondeur, mais leur territoire est devenu accessible aux chasseurs de requins depuis l’utilisation du filet maillant. Ce type de filet peut atteindre jusqu’à 100 à 300 mètres de profondeur, en effet.
On estime que plus de 100 cœlacanthes ont été capturés ces 10 dernières années à Madagascar. Les femelles capturées en plus grand nombre représentent un danger d’extinction pour toute l’espèce. Celles-ci ne se reproduisent qu’à l’âge de 55 ans, soit la moitié de leur espérance de vie estimée à 100 ans. Elles endurent également 5 longues années de gestation avant de mettre bas.
Le plus gros oiseau du monde : le seul élément non aquatique du musée
Les animaux aquatiques ne sont pas les seuls à être exposés au Musée Rabesandratana. Vous y découvrirez aussi le Vorombe Titan ou Æpyornis Titan, de la famille des oiseaux-éléphants. Son titre du « plus gros oiseau du monde » a longtemps été décerné au Vorombe Maximus ou Aepyornis Maximus, jusqu’à ce que les scientifiques découvrent en 2018 que l’Aepyornis Titan est une autre espèce à part entière, et non un Vorombe Maximus.
Le Vorombe Titan pesait au moins 500 kg et mesurait 4 à 5 mètres de haut. L’ancien spécimen trouvé en 1868 ne mesurait que 3.5 m, probablement parce qu’il était encore en phase de croissance, ce qui a entraîné 150 confusion sur le titre du plus gros oiseau du monde. Les œufs du Vorombe Titan ont une circonférence d’au moins 100 cm, une taille maximale de 34 cm et un volume de 9 litres. 3 œufs, 7 à 8 fois plus grands que des œufs d’autruche sont exposés au Musée, juste à côté du squelette de l’oiseau.
A noter qu’il existe aussi un squelette d’Aepyornis Titan (ou Vorombe Titan) exposé au Museum de Paris, transporté en France depuis Madagascar.