Les flamants roses de Saint Augustin
Situé à 37 km au sud de Tuléar vile, Saint-Augustin est un village niché à l’embouchure du fleuve Onilahy. Il a une baie tellement pittoresque que Daniel Defoe s’en est même inspiré pour ses romans. Mais Saint-Augustin doit surtout sa renommée écotouristique aux flamants roses, une espèce rare qui a béni les lieux de sa présence.
Le petit village de Saint Augustin
La baie Saint-Augustin, également appelée Anatsogno ou Anatsoano, est située à l’embouchure du fleuve Onilahy. Il ressemble à un port naturel de 8 km de long, creusé par des eaux de 1000 m de profondeur. La baie abrite un village de pêcheurs Vezo, mais aussi des richesses ornithologiques comme les flamants roses, les flamants nains, les flamands gris et de nombreux hérons.
La baie a été baptisée « Saint-Augustin » par les français, qui y ont par ailleurs débuté leur présence sur l’île. Bien avant cela, toutefois, le site offrait déjà une terre d’asile aux marins européens, notamment des pirates et trafiquants d’esclaves.
A la rencontre des flamants roses
Saint Augustin est un sanctuaire pour les flamants. Ces oiseaux vivent en colonie sur les eaux légèrement saumâtres d’Onilahy et arrivent en masse entre avril et décembre. On en distingue 2 espèces : le flamant rose et le flamant nain. Même s’ils ont tous les deux un plumage rosé, quelques détails distinguent l’un de l’autre.
La couleur rose du plumage des deux oiseaux vient des pigments caroténoïdes contenues dans les crustacées et les algues. Le flamant rose a un plumage blanc rosâtre, tandis que celui du flamant nain est plus rose. Le bec du flamant rose est « rose clair » avec une pointe noire, mais celui du flamant nain est entièrement brunâtre.
Vous verrez aussi que la taille du flamant rose mesure entre 125 et 150 cm, alors que le flamant nain n’excède pas 90 cm. Leur alimentation diffère également. Le flamant nain se nourrit des algues près des rivages ou sur les vasières, alors que le flamant rose préfère pêcher les crevettes ou chercher les algues dans un fond d’eaux plus profondes.
Puisque les deux espèces ne chassent pas les mêmes proies, elles n’entrent pas en rivalité. Elles cohabitent pacifiquement sur les eaux du fleuve Onilahy et font la réputation écotouristique de Saint-Augustin. Les eaux sont toujours chaudes dans la partie sud de l’Île, en effet, ce qui explique pourquoi les oiseaux y ont élu domicile malgré leur instinct migrateur.
Une magnifique parade nuptiale
Les flamants roses ont une longévité de 25 à 33 ans tandis que celle des flamants nains oscille entre 40 à 55 ans. Ils atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 3 ans, mais ne se reproduisent que vers leurs 6 ou 8 ans. Lorsque vient la saison des amours, la colonie s’organise en petits groupes de mâles et femelles pour parader. Tout le monde participe à la danse : ils trottent, tendent le cou, tirent gracieusement l’aile ou la jambe, font des courbettes, hochent la tête de haut en bas, puis de droite à gauche, etc. Et plus les mouvements sont complexes, plus le danseur séduit son partenaire. La chorégraphie se termine ensuite par une succession de pas rapides merveilleusement synchronisés.
Pour admirer ce beau ballet, il faut venir en avril et mai. Ne vous approchez pas de trop près toutefois, sinon toute la colonie risque de s’envoler d’un seul coup. Ces oiseaux sont très sensibles au bruit et veulent le calme absolu lors de la saison de reproduction.
Des espèces menacées de disparition
Chez les flamants roses et les flamants nains, la croissance de la population est très lente puisque la femelle ne pond qu’un œuf chaque année. Le braconnage et le trafic mettent aussi les flamands roses en danger, même si leur chasse est interdite à Madagascar. Saint Augustin avait une colonie de milliers de flamants roses il y a encore des décennies, mais il n’en reste plus qu’une centaine aujourd’hui.
Le flamants rose et le flamant nain sont tous les deux menacés de disparition. Toutefois, le premier est encore plus vulnérable et figure ainsi parmi les espèces plus protégées dans le monde entier.
Les flamants aiment s’établir sur la côte sud-ouest de Madagascar à cause de la chaleur des eaux tropicales et l’abondance des algues. Il leur arrive toutefois de quitter les lieux pour diverses raisons : manque de nourriture, des coups de fusil, un niveau d’eau défavorable à la construction des nids, etc.